La crise sanitaire se poursuit.
Elle met en lumière les inégalités sociales, elle alerte sur nos modèles de développement, elle accentue les fragilités de nos systèmes économiques, elle brouille les horizons professionnels de nombre de nos concitoyennes et concitoyens.

Dans ce contexte et face aux menaces que font peser les conséquences économiques et sociales de la COVID-19, le Conseil européen qui s’est conclu lundi dernier se devait d’apporter des réponses fortes et solidaires.

Comme tout sommet européen, il a donné lieu à des discussions longues, fastidieuses et, avouons le, souvent désespérantes.

La solidarité européenne est un principe, les intérêts nationaux une réalité. Pourtant, pour la première fois de son histoire, l’Union européenne va s’endetter via un emprunt européen. C’est une victoire politique pour notre famille politique et les partisans de la solidarité. Le Parti Socialiste oeuvre depuis la crise de 2008 pour l’endettement et le remboursement en commun, véritable condition d’une Europe plus juste et plus durable.

L’Histoire nous dira si ce précédent a été le tournant tant attendu mais il est certain que c’est une grande source d’espoir.

Sur les autres questions que devaient aborder les Chefs d’Etat et de Gouvernement, force est en revanche de reconnaître que le Conseil n’a pas été la hauteur, que cela soit sur la programmation financière de l’Union (son budget pour les années 2021-2027, distinct du plan de relance qui doit durer 3 ans), les ressources propres communautaires ou les violations des Droits humains, en Hongrie et Pologne notamment.

Là-dessus, la balle est dans le camp du Parlement européen et je fais confiance à nos parlementaires pour mener la bataille qui s’impose.

Sur la question des ressources propres, afin de financer le remboursement des emprunts européens sans sanctionner, une fois encore, les populations les plus défavorisées du continent, les députés français au Parlement européen du groupe Socialistes et Démocrates ont cosigné, avec notre porte-parole et député Boris Vallaud, ainsi que d’autres élus européens sociaux-démocrates et écologistes, une tribune parue dans Libération, “Pour un impôt européen temporaire sur la fortune.” Ils  proposent un impôt européen progressif sur les patrimoines des 1 % les plus riches.

Michel Gelly-Perbellini, Secrétaire de section