Le projet du Gouvernement

D’ici la fin de l’année 2021, les bases de la tarification des prix de l’électricité va évoluer pour se conformer au cadre demandé par la Commission Européenne. Depuis 2011, EDF est tenu de vendre un quart de sa production nucléaire à un prix fixé par la loi, afin de favoriser la concurrence sur le marché.

Compte tenu du coût grandissant de l’entretien du parc nucléaire français et de la croissance fulgurante de l’électricité issue des énergies renouvelables, EDF ne sera sans doute plus en mesure d’assurer à ses clients revendeurs d’électricité, la péréquation des tarifs demandés par Bruxelles.

Afin de lever des financements plus facilement sur les marchés pour le développement des énergies renouvelables que sont l’éolien et le solaire et afin de financer le nucléaire par les subsides publics, l’État détenteur du capital d’EDF à plus de 83 % a décidé de scinder les différentes activités en trois entités distinctes.

EDF « Bleu » serait détenu à 100 % par l’État et regrouperait l’ensemble des activités de production d’électricité issues du nucléaire, ainsi que RTE, le transporteur d’électricité.

EDF « Vert » regrouperait l’ensemble des activités de production d’électricité dont les énergies renouvelables sont la source (éolien et solaire), ainsi que les activités commerciales du groupe (Enedis).

Enfin, EDF « Azur » supporterait les activités hydrauliques de la production d’électricité française.

Aujourd’hui les coûts de modernisation du parc nucléaire captent une grande partie des financements publics. La création d’EDF « Vert » et « Azur » viserait ainsi assurer un financement privé des activités les plus attractives.

La position du Parti Socialiste et des syndicats

Le Parti socialiste, comme les syndicats du groupe public dénoncent ce démantèlement.

Le Parti Socialiste s’inquiète du manque d’optimisation de la production d’électricité qui découlerait de cette division des activités et nuirait au « mix énergétique » équilibré qui a cours actuellement.

Le Parti s’alarme également des répercussions que pourrait avoir un tel dispersement des synergies sur le coût de l’énergie auprès du client final et la lutte contre la précarité énergétique.

Le Parti Socialiste rappelle que l’avenir d’EDF doit s’écrire dans le cadre d’une vision plus globale, au sein d’un débat sur le choix de notre avenir énergétique et de la transition écologique que les Français veulent. En aucun cas, la décision de scission ne doit se faire pour des raisons budgétaires.

Le Parti Socialiste rappelle son attachement à l’importance de l’indépendance énergétique française et s’inquiète d’un éventuel glissement des activités lucratives vers le privé. Dans le même temps, les deniers publics seraient mis à contribution dans le maintien d’activités coûteuses et qui aujourd’hui posent question aux vues des choix de société qui seront les nôtres dans les années à venir.

Le Parti Socialiste se félicite qu’une proposition de loi demandant un Référendum d’initiative partagée sur le sujet ait été déposée. Reste maintenant à convaincre 4,7 millions de Français de signer ce référendum en ligne, comme ce fut le cas lors de la privatisation des Aéroports de Paris !