Logement : les mesures gouvernementales assombrissent l'horizon

Logement : les mesures gouvernementales assombrissent l'horizon

Ce n’est pas faute de l’avoir annoncé… l’année 2019 du logement sera morose : le « choc d’offre » qui devait permettre de « produire plus et faire baisser les prix » promis par Emmanuel Macron au début de son quinquennat s’éloigne encore, et pour cause !

Depuis l’automne 2017, toutes les mesures prises par le gouvernement vont dans le sens inverse des objectifs annoncés : suppression de l’APL accession, resserrement du prêt à taux zéro et surtout coupes claires dans les recettes des HLM via la baisse des loyers imposée pour compenser celle des APL

Effet garanti sur tous les fronts et les chiffres le rappellent tous les mois : le nombre de permis de construire autorisés a baissé de 7%, comme le nombre de chantiers de logements commencés, tout au long de l’année. Privés désormais d’une aide qui remplaçait l’apport personnel (le PTZ dans certains secteurs ou l’APL accession), 28.000 ménages ont du renoncer à leur projet d’achat de maison. Quant aux HLM, leur production diminue aussi. En Île de France, 28.330 logements sociaux ont été lancés en 2018, en baisse régulière depuis 2016, et loin des objectifs de 37.000 annuels fixés par les instances régionales. Paris fait figure d’exception avec 100.000 logements sociaux construits depuis 2001. Mais c’est parce que la ville y met les moyensplus de 500 millions d’euros par an sont consacrés au rachat ou à la construction de logements sociaux ! 17.000 euros de subvention en moyenne, par logements, rénové et conventionné ! Le parc social est ainsi passé de 13 à 21% en 17 ans.

Les mois qui viennent ne s’annoncent pas meilleurs. D’abord parce le secteur est un grand paquebot lent à manœuvre, qui réagir aux annonces avec inertie.  Ensuite parce que les prochaines risquent d’accentuer la dérive: la loi de finances 2020 dont les discussions devraient bientôt s’amorcer semble prévoir de nouvelles ponctions dans les recettes des bailleurs sociaux. Qui se répercuteront mécaniquement, (comme en 2018) sur la production de logements privés et toute la chaîne de fabrication du logement, y compris les emplois dans la construction. Malgré les déclarations, c’est bien le système du logement social, considéré comme coûteux et pas assez efficace, qui est visé. Et la vigilance devra porter sur son ouverture au secteur privé, dont rêve le gouvernement. Des brèches ont été tentées au moment du vote de la loi Elan à l’automne, (sur l’évolution du logement, du numérique et de l’aménagement), contrariées par le Sénat. Il est probable que les députés tentent un nouvel assaut. Les socialistes restent vigilants !