Projet de loi Blanquer : de nouveaux financements pour l’enseignement privé au détriment de l’école publique

Projet de loi Blanquer : de nouveaux financements pour l’enseignement privé au détriment de l’école publique

Le projet de loi “Ecole de la confiance” a été construit autour de la volonté du Gouvernement d’abaisser l’âge de l’instruction obligatoire de 6 à 3 ans. Si une scolarisation dès le plus jeune âge est effectivement une des clés de la réussite scolaire, telle qu’elle est prévue aujourd’hui,  cette mesure – qui concernera 26 000 enfants en France, puisque près de 98% des jeunes enfants sont scolarisés dès 3 ans – menace de déstructurer le système éducatif du 1er degré.

La loi Debré de 1959 oblige en effet les communes à financer à parts égales les écoles publiques et privées, aujourd’hui à partir du CP. L’obligation de scolarisation dès 3 ans prévue par Jean-Michel Blanquer, sans aucun garde-fou, aura pour conséquence d’étendre cette obligation aux écoles maternelles. L’enseignement privé bénéficiera grâce à cela de 150 millions d’euros supplémentaires, versés par les communes, sans qu’elles aient à accueillir de nouveaux élèves, sans aucune contrepartie.

Il ne s’agit pas seulement d’un cadeau que le Gouvernement ferait à l’enseignement privé : le coût de cette mesure pour les communes entraînera mécaniquement un transfert de fonds de l’école publique à l’école privée. L’Etat ne prévoyant des compensations qu’à hauteur de 40 millions d’euros, qui ne pourront s’appliquer à toutes les communes, chaque euro que les municipalités seront désormais obligées de verser sans compensation aux écoles maternelles privées, sera de fait retiré du budget des écoles publiques.

Il est encore temps de mieux encadrer l’abaissement de l’âge de l’instruction obligatoire pour éviter ces effets pervers. Si cela n’était pas fait, malgré les nombreuses alertes des collectivités et parlementaires de l’opposition, il faudra considérer que sous couvert de mieux scolariser tous les enfants dès 3 ans, le Gouvernement poursuit un tout autre objectif : renforcer l’enseignement privé, au détriment de l’école publique.