Projet de loi sur l’agriculture et l’alimentation : promesses oubliées, lobbyistes consacrés

Projet de loi sur l’agriculture et l’alimentation : promesses oubliées, lobbyistes consacrés

Il y a quelques jours, l’Assemblée nationale a voté un projet de loi sur l’agriculture et l’alimentation.

Les quelques avancées qu’il contient, issues notamment des états généraux de l’alimentation voulus par le précédent Gouvernement, n’enlèvent rien au fait qu’il s’agit avant tout d’un texte de non-respect des promesses électorales et démontrant l’influence des groupes de pression sur le pouvoir en place.

De nombreuses propositions initiées ou soutenues par les députés socialistes ont en effet été rejetées par le Gouvernement et la majorité macroniste :

  • interdiction du glyphosate sous trois ans : rejeté. Malgré la promesse d’Emmanuel Macron, malgré les risques en matière de santé humaine et animale, malgré les atteintes aux terres et à l’eau, cet herbicide puissant, considéré comme cancérogène «probable» pourra être utilisé après 2021.
  • introduction de menus végétariens dans les cantines : rejeté. De tels menus correspondent pourtant à une demande croissante et légitime de milliers de parents. La liberté de choisir son alimentation est mise en cause.
  • encadrement des publicités pour les produits trop gras, trop salés ou trop sucrés : rejeté. Alors qu’1 enfant sur 6 est en surpoids, de nombreux industriels manient les codes de l’enfance pour inciter à la consommation des plus jeunes.
  • amélioration de la condition animale dans les abattoirs : rejeté. Le Gouvernement a refusé le contrôle vidéo dans les abattoirs, l’interdiction de l’élevage en cage des poules pondeuses, la castration à vif des porcelets, le broyage des poussins et canetons vivants.

Le projet de loi va être prochainement examiné par le Sénat. Le parti socialiste continuera de s’engager et de formuler des propositions pour l’améliorer.

C’est une nouvelle démonstration : avec le pouvoir macroniste, entre les paroles et les actes, il y a un gouffre. Pourtant, face à l’urgence écologique, les promesses et les coups de communication ne comptent pas : il faut des actions.