Le Parti socialiste demande le retrait de la réforme de l’assurance chômage voulue pour le gouvernement. Ses effets délétères, et notamment  le nouveau mode de calcul, vont pénaliser des millions de Français connaissant des situations de chômage.

Ces situations de précarité risquent d’être, au sortir de la crise, de plus en plus fréquentes, compte-tenu de la grande fragilité économique du pays et de la fin des aides publiques aux entreprises

Fin 2019, face à l’échec des négociations entre partenaires sociaux pour la refondation de l’assurance Chômage, le gouvernement avait repris le dossier dans son intégralité, foulant, au passage, la poursuite du dialogue social avec les corps intermédiaires que sont les syndicats.

Ces mesures, qui devaient entrer en vigueur dès le 1er novembre 2019, ont été repoussées à deux reprises, du fait de la crise sanitaire et de la précarisation de certaines situations qu’elle impliquait. Le 1er juillet 2021, les Françaises et les Français seront soumis au nouveau régime d’assurance Chômage, un régime qui voit la mise en place :

• d’un nouveau calcul du montant des allocations. Antérieurement, le salaire journalier de référence sur les 12 derniers mois, servait de base de calcul. A partir du 1er juillet 2021, un revenu moyen mensuel, comprenant les jours travaillés, comme les journées non travaillées, constituera la base, ce qui – disons-le – la fera mécaniquement baisser. Cela touchera les travailleurs les plus précaires, au premier rang desquels les intérimaires, les personnes engagées « à la tâche », les permittents, etc.

• d’un allongement de la durée minimale de cotisation, avant la période d’inactivité pour l’ouverture des droits. Auparavant, un travailleur nécessitait 4 mois d’activité sur les 28 derniers mois contre un minimum de 6 mois, sur les 24 derniers mois avec la nouvelle réforme.

Cette semaine, le Gouvernement a lui-même reconnu, par la voix de la ministre du travail Élisabeth Borne, que cette modification du mode de calcul présentait bon nombre d’angles morts. Le nouveau dispositif, va en effet, pénaliser de nombreuses catégories de personnes connaissant l’inactivité au premier rang desquels, les femmes enceintes, les personnes en arrêt maladie, en chômage partiel ou encore les travailleurs rémunérés au SMIC.

Même si le gouvernement se dit prêt à « rectifier le tir » sur ces situations, il serait plus prudent et raisonnable de reporter la mise en place de la réforme, menée sans concertation, à une période de reprise économique soutenue et qui ouvrira plus de perspectives et de prospérité aux français fragiles.