On meurt mal en France.
 
Après le rejet, le 11 mars dernier, d’une proposition de loi socialiste déposée par Marie-Pierre de la Gontrie au Sénat, une proposition de loi « donnant et garantissant le droit à une fin de vie libre et choisie » a été examinée le 8 avril à l’Assemblée nationale dans le cadre d’une niche parlementaire.
 
Il y a quelques semaines, le Portugal a autorisé la mort médicalement assistée, ce qui fait de ce pays catholique le 4e en Europe à légaliser l’euthanasie. L’Espagne et l’Irlande ont, eux aussi, engagé des processus législatifs en ce sens. Un mouvement de fond.
 
Indispensable, ce débat a été saboté par l’obstruction et le dépôt de milliers d’amendements à l’initiative d’un quarteron de députés appartenant au groupe Les Républicains. De ce fait, la discussion de la proposition de loi n’a pas pu aller à son terme en séance.
 
Pourtant, 240 député.e.s ont voté, un peu avant minuit, en faveur de l’article 1 qui légalise l’aide active à mourir (48 contre, 13 abstentions).
 
Les député.e.s socialistes sont heureux et fiers d’avoir contribué à l’adoption de cet article.

 
À l’image des Françaises et des Français, favorables à 93% à la légalisation de l’euthanasie et à 89% à la légalisation du suicide assisté, l’Assemblée nationale s’est montrée très largement favorable à ce grand principe de liberté.
 
L’obstruction et l’impossibilité d’examiner l’ensemble du texte puis de l’adopter, du fait de manœuvre dilatoire, est une grande tristesse pour les défenseur.e.s de cette loi de progrès et pour celles et ceux qui se battent, depuis des années, pour son adoption comme Jean-Luc Romero-Michel (Adjoint à la Maire de Paris et président de l’Association pour le Droit à Mourir dans la Dignité). Elle offre également un bien triste visage de notre démocratie en laissant une poignée de députés empêcher un débat essentiel.
 
Face à cet échec, il revient désormais au Gouvernement de mettre à l’ordre du jour des travaux du Parlement avant la fin du quinquennat, en dehors d’une niche, ce texte de liberté qui réponde aux attentes des Français.
 
Le Parti socialiste est favorable à l’inscription, dans le code de la santé publique, du droit à l’aide active à mourir et de sa définition. Nous proposons un cadre juridique très rigoureux qui restreint cette possibilité aux cas graves, incurables, avérés infligeant une souffrance psychique ou physique irréversible. Les conditions dans lesquelles une personne de confiance peut être désignée et sur l’ordre de primauté des personnes appelées à témoigner lorsque la personne concernée n’est pas en état de manifester sa volonté doivent être strictement encadrées  et le/la médecin conserverait sa clause de conscience mais devrait renvoyer son patient vers un autre médecin.