L’apparition de la question du niveau de vie et du « mieux vivre » pendant le débat présidentiel met en lumière l’inaction du Président Macron sur ces questions, pendant les cinq années de son mandat. Pire, elle rappelle à tous les décisions injustes qu’il a prises et qui ont accentué les inégalités entre citoyens : la mise en place de la réforme de l’assurance chômage qui vise à faire des économies sur le dos des plus précaires et dont l’entrée en vigueur s’est faite vendredi dernier, le choix d’une « flat-tax » pour limiter la taxation des revenus du capital, le remplacement de l’ISF par l’IFI, dont la base est réduite au patrimoine immobilier, etc. Et la défiscalisation des pourboires dans la restauration ne sera probablement pas la planche de salut du Président Macron pour maquiller son bilan social désastreux.

L’annonce du géant français du gaz ENGIE a fait l’effet d’une bombe en début de semaine dernière: +12,6% au 1er octobre 2021. A six mois de l’élection présidentielle, une hausse aussi élevée des tarifs de l’énergie ne passe pas inaperçue et rend pour le moins fébriles, les états majors de campagne, et notamment ceux qui n’avaient pas misé sur un tel débat en vue de 2022.

Pourtant, l’hiver que les français vont traverser sera l’un des plus rudes pour leur pouvoir d’achat. La Chine et les économies émergentes tournent à plein régime. Le prix du Brent (BRN) a dépassé les 80 dollars en début de semaine dernière et sa hausse n’est pas prête de s’arrêter face à une offre qui plafonne.

En conséquence, les prix des denrées dans les grandes surfaces augmentent eux aussi. Depuis septembre 2020, les prix à la consommation ont augmenté de +1,9% selon l’INSEE. L’Europe et le monde renouent avec une épisode économique qu’ils n’avaient plus connu depuis la fin des années 2000: l’inflation.

Le projet du Parti Socialiste comporte bon nombre de mesures en faveur du pouvoir d’achat des Françaises et des Français telles que la création d’un chèque climat de plusieurs centaines d’euros par an pour 80% des ménages (proposition n°39). Cette mesure vise à prendre en compte les surcoûts, notamment de l’énergie et des carburants, liés à un période de transition énergétique. Son montant tiendra compte de la composition et des revenus du ménage. Les plus modestes d’entre eux verront leur pouvoir d’achat « boosté ». Autre proposition: la mise en place de la « prime climat » (proposition n°45). Elle vise à mettre un terme aux passoires thermiques et à sortir 12 millions de personnes de la précarité énergétique. Cette prime ne nécessitera aucune avance de la part du ménage concerné au moment des travaux: le préfinancement sera public et pourra couvrir jusqu’à 100% des coûts de rénovation thermique et d’acquisition d’équipements. Le groupe socialiste à l’assemblée nationale considère que la hausse du chèque énergie proposé par le gouvernement est trop modeste; le plafond des revenus (10 800 euros) étant trop bas. Les députés socialistes proposent un doublement du chèque énergie et son extension à plus de Français.

Dans le contexte électoral qui s’annonce en France, la variable économique et sociale n’est pas sans faire écho aux propositions de la candidate socialiste, Anne Hidalgo. Elle est la seule à avoir mis le curseur de sa campagne, et ce, dès le début, sur le budget des ménages français. Elle ne s’est pas trompée. Le débat sur les inégalités salariales, la répartition des richesses, la redistribution, la justice sociale et les amortisseurs sociaux pointe le bout de son nez.

Preuve en est, la décision prise par le gouvernement et le premier ministre Jean Castex, en fin de semaine dernière, de geler les prix de l’énergie, jusqu’à avril 2022. Le gouvernement cherche à éviter une colère des Françaises et des Français, à la fin d’un mandat déjà émaillé par une crise des Gilets Jaunes qui a duré un an, et dont les revendications premières portaient d’ailleurs sur ces questions de pouvoir d’achats.