Le 27 décembre, la France a débuté, en même temps que la plupart des pays européens, sa campagne de vaccination contre le Covid-19. Pourtant, contrairement aux autres pays, le Gouvernement donne l’impression de la mettre en œuvre à reculons. Ainsi, il n’a déployé aucune campagne publicitaire à la télévision ni à la radio ni dans la presse écrite, il entretient un certain flou sur sa stratégie que nous jugeons préjudiciable pour qu’un grand nombre de nos concitoyens soient convaincus des effets positifs de la vaccination.

A l’inverse, la plupart de nos partenaires européens ont adopté une démarche offensive en faveur de la vaccination : par exemple, l’Italie diffuse un clip télévisé placé sous le signe de la renaissance, le gouvernement allemand diffuse lui aussi une vidéo positive sur la vaccination.

Dès lors, la timidité gouvernementale vis-à-vis de la vaccination interpelle et inquiète. La vaccination représente, à ce jour, notre meilleure chance contre ce virus qui bouleverse notre vie quotidienne, sociale et professionnelle depuis près d’un an.

Nos élus entendent dans leurs circonscriptions les questions et les inquiétudes que cette campagne de vaccination peut susciter chez certains de nos concitoyens. Encore plus inquiétante est l’absence de réponse claire de la part du Gouvernement et l’absence d’une communication précise, claire, et déployée sur tous nos territoires.

Pour sortir de cette situation anxiogène, nos élus ont, dés le 30 décembre, demandé au Gouvernement :

  1. D’avoir une stratégie vaccinale qui s’adresse aussi aux soignants dès la 1ère phase de vaccination : cette mesure a été effectivement mise en place depuis
  2. D’accélérer le déploiement de la vaccination et de ne pas laisser le retard s’accumuler dans ce déploiement, ce qui donne l’impression que le Gouvernement met en œuvre cette campagne à reculons
  3. De déployer une campagne de communication claire et pédagogique sur le vaccin, dans les médias, sur les réseaux sociaux
  4. D’être transparent : le nombre de vaccinations réalisées est désormais publié chaque jour, le total de 388 000 au 15 janvier reste très faible comparé à certains de nos voisins
  5. De montrer l’exemple en se faisant vacciner
  6. De publier des informations précises sur les doses de vaccin disponibles, le calendrier de leur réception et les laboratoires qui les fournissent.

Depuis cette date, la communication de l’exécutif a été pour le moins chaotique:

  • Le ministre des Solidarités et de la Santé a d’abord déclaré que cette stratégie vaccinale, à rebours de celle de tous nos grands voisins, est mûrement réfléchie.
  • Cinq jours plus tard, le Président de la République fait savoir sa «colère», dans les colonnes du Journal du dimanche, concernant les choix opérés.

Le mot d’ordre du gouvernement est désormais «d’amplifier, accélérer et simplifier» la campagne de vaccination, avec notamment un élargissement des publics prioritaires. Ce triple mot d’ordre nous laisse dubitatif alors qu’il existe de fortes incertitudes concernant les livraisons de vaccins dans tous les territoires, auxquelles s’ajoutent des difficultés logistiques insuffisamment anticipées et un manque de médecins disponibles pour assurer les consultations prévaccinales. De surcroît, le gouvernement se refuse à s’appuyer sur l’expertise et le savoir-faire des élus locaux, privilégiant des procédures excessivement verticales et centralisées et reproduisant ainsi les erreurs faites dans les premiers mois de la crise sanitaire. La vaccination massive est la voie la plus efficace pour enfin sortir de cette crise sanitaire, aux conséquences économiques et sociales désastreuses. Nous n’en prenons pas le chemin. Après le fiasco des masques et les retards des tests, nous ne pouvons nous permettre la bérézina des vaccins.

Le 6 janvier, les présidents de groupes socialistes au Parlement ont écrit au premier ministre pour lui demander de faire, dans les plus brefs délais, une déclaration devant le Parlement, afin de préciser les voies et moyens qu’il compte mettre en œuvre pour corriger le retard qui a été pris par la France en matière de vaccination et les conséquences graves qui en découlent pour nos concitoyens. Etant donné la gravité de la situation et les manquements du gouvernement, nos élus demandent également que cette déclaration soit soumise à un vote qui permettra au Parlement de véritablement exprimer son accord ou son désaccord sur le contenu des annonces du gouvernement.

Enfin, à  la mi-janvier, le principal problème n’est plus de convaincre du bienfait de la vaccination mais de répondre à la demande. A ce sujet, la maire de Paris presse le gouvernement de livrer davantage de doses de vaccin, alors que 19 centres ouvrent à partir de lundi 18 janvier dans la capitale. Le commentaire d’Anne Hidalgo est édifiant : « Paris a reçu 10 000 doses pour 170 000 personnes de plus de 75 ans. A ce rythme il faudra 34 semaines pour vacciner les plus de 75 ans… »