Assurance chômage, la réforme va conduire à une baisse de la durée de l’indemnisation des chômeurs de 25 %


Le Parti socialiste s’élève contre la réforme de l’assurance-chômage du Gouvernement, votée avec la droite et aggravée par décret, qui conduira à une baisse de la durée de l’indemnisation des chômeurs de 25 % à partir du 1er février 2023. Elle a fait vendredi l’objet d’un recours devant le Conseil constitutionnel des députés du groupe Socialistes et apparentés avec les membres de l’intergroupe de la Nupes.

Une fois encore, sous les habits d’une réforme technique, le Gouvernement organise une réduction structurelle des droits des personnes au chômage.

À partir du 1er février 2023, les nouveaux chômeurs inscrits à Pôle emploi ne seront plus indemnisés sur la base d’un mois pour un mois travaillé. En effet, constatant que le taux de chômage est inférieur à un seuil absurde de 9 % ou n’a pas augmenté de + 0,8 % sur un trimestre, le Gouvernement va raboter de 25 % la durée d’indemnisation des demandeurs d’emploi. Cette règle technocratique et punitive va dans la vraie vie réduire de plusieurs mois la durée pendant laquelle les demandeurs d’emploi sont accompagnés et les plongés un trop grand nombre d’entre eux dans la précarité.

Mais ces critères ne sont pas neutres. Ils ont été choisis par le Gouvernement pour que l’on soit plus souvent en période verte : ces quarante dernières années, il n’est arrivé que 12 ans que le taux de chômage soit au-dessus des 9% et que deux fois qu’il augmente de 0,8% sur un trimestre. Le Gouvernement rabote en réalité les droits des chômeurs.

Cette réforme s’ajoute à celle de l’assurance chômage de 2019 qui frappait principalement les jeunes. Elle touchera cette fois-ci en priorité les seniors, lesquels pourraient subir par ailleurs les effets cumulés du resserrement de leur indemnisation chômage avec le recul de l’âge légal de départ en retraite de 62 à 64 voire 65 ans, qu’entend faire approuver le Gouvernement.

En pleine crise du pouvoir d’achat et de l’inflation, cette réforme de l’assurance-chômage du Gouvernement est d’une brutalité inacceptable.

Cette réforme dégagera plusieurs milliards d’euros par an supplémentaires d’économies qui s’ajouteront aux 4 milliards réalisés en 2022 à la suite de la réforme de 2019. Ces économies sont en réalité la véritable motivation du Gouvernement : pour maintenir ses cadeaux fiscaux aux super riches, il rabote les droits des demandeurs d’emploi plutôt que de taxer les superprofits !

Résolution du Bureau national du Parti Socialiste. 22 novembre 2022.