
Pendant près d’un an, nous avons refondé notre projet politique. Avant toute rédaction, nos responsables ont sillonné la France, de Douai à Toulouse, d’Argenteuil à Rennes, de La Seyne-sur-Mer à Carcassonne, à la rencontre des citoyen·nes. Plus de 200 auditions de syndicats, d’associations et de scientifiques ont nourri notre réflexion, complétées par des centaines de contributions militantes et citoyennes. De ce travail collectif est né un projet en six parties, soumis au débat des militant·es avant son adoption.
Notre constat est simple. Les démocraties reculent : seule une personne sur quatre vit aujourd’hui dans un régime démocratique, contre une sur deux il y a vingt ans. Un capitalisme devenu autoritaire, véritable capitalisme « de prédation », concentre les richesses entre les mains d’une minorité tout en épuisant la planète. En France, les conditions de vie se précarisent, l’abstention progresse, le pays se fracture.
Un projet en six parties
Le texte est dense, riche de plusieurs centaines de propositions qu’il serait illusoire de résumer ici. Nous avons choisi d’en retenir, pour chaque partie, les mesures les plus emblématiques.
« Vivre libres » porte sur le travail et le logement. Nous proposons d’instaurer la codétermination en entreprise, comme dans treize pays de l’Union européenne, avec une représentation paritaire des salarié·es au conseil d’administration et une règle de partage simple : pour chaque euro versé en dividende, un euro reversé aux salarié·es. Sur le pouvoir d’achat, nous entendons agir sur les dépenses contraintes par des tarifs énergétiques régulés, l’encadrement des loyers et la relance du logement social.
Nous refusons de laisser à l’extrême droite le monopole du débat sur la sécurité. À la lutte contre la délinquance et le narcotrafic, nous ajoutons une sécurité écologique et climatique, consacrée pour la première fois dans un projet socialiste : elle répond à l’insécurité que vivent les habitant·es des déserts médicaux, aux risques d’inondations et de mégafeux, et aux pollutions qui affectent la santé de millions de Français·es.
« S’épanouir à égalité » porte une mesure forte sur l’école : 19 élèves maximum par classe dans toutes les écoles de France. Aujourd’hui, 60 % des enfants de cadres accèdent aux études supérieures, contre 30 % des enfants d’ouvriers. Nous entendons réduire cet écart par un service public d’accompagnement éducatif individuel.
Nous défendons une écologie populaire, désirable et accessible à tous. Cela se fera à travers la massification de l’offre ferroviaire et la baisse du prix du train, la location sociale de véhicules électriques pour les ménages modestes et la nationalisation progressive des 9 000 kilomètres d’autoroutes concédées, dont les bénéfices seront réinvestis dans les transports durables.
« Refaire société » s’attaque aux fractures du pays. Nous prévoyons des états généraux de la justice fiscale pour rétablir la progressivité de l’impôt, une politique d’intégration des étranger·es par le travail et un plan national contre le racisme, l’antisémitisme et l’islamophobie. S’y ajoute un choc démocratique, alors que plus de 80 % des Français·es se disent insatisfait·es du fonctionnement de leurs institutions : réforme constitutionnelle, indépendance des médias, retour au référendum abandonné depuis 2005.
« Pacifier le monde » prend acte d’une réalité rendue chaque jour plus tangible par l’actualité : la guerre est redevenue un mode courant de règlement des conflits. À cette dérive, nous opposons la coopération entre les nations, la protection du droit international et l’investissement dans l’éducation, le développement et l’égalité entre les femmes et les hommes.
Voilà notre projet : une ambition radicale, à la hauteur des défis du XXIe siècle.
Fruit d’un immense travail collectif, nourri par un tour de France à l’écoute des Français·es, des auditions d’expert·es, de syndicats et d’associations et des contributions citoyennes et militantes, le nouveau projet socialiste porte une ambition radicale à la hauteur des défis du 21e siècle.